![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
|
GROUND ZERO PROJECT [text in french only, to be translated] Le sujet de ces prises de vue est le sol, élément de notre environnement auquel on n'attache pas beaucoup d'importance, mais qui a néanmoins ses propriétés esthétiques même si je ne le recherche pas systématiquement dans la série. C'est une esthétique « automatique », car au-delà du cadrage et la composition qui sont rendus neutres au maximum par un processus qui les détermine il reste toujours une matière plastique qui a sa propre disposition aléatoire, ce qui est une composition « naturelle » si l'on peut dire. L'autre élément plastique omniprésent est la texture, qui donne de la matière à cette composition « naturelle », mais qui peut aussi être la composition dans le cas de photos « all-over ». Ces photos précisément peuvent être rapprochées à la période des « matériologies » de Dubuffet, avec des tableaux comme La vie exemplaire du sol. A ma connaissance il est le seul peintre à avoir choisi le sol comme sujet. L'esthétisme mis à part, les sols peuvent être vus comme indication ou trace de l'environnement qui les entoure, invisible dans les photos. On peut toujours avoir une idée plus ou moins précise de la nature du contexte, car en milieu urbain ils gardent tous l'empreinte humaine, même s'ils sont composés de matériaux naturels, comme les jardins et les squares qui sont d'une part artéfact humain et d'autre comportent très souvent les traces d'un passage (déchets, etc.). C'est le point d'entrée principal de mon travail ; par la présentation du projet j'ai voulu donner une envie au spectateur de déchiffrer un parcours, resituer les photos dans leur milieu par les éléments qu'il reconnaît suivant son expérience. La série comporte aussi un élément de temporisation car je me suis efforcé à prendre une photo toutes les cinq minutes environ en suivant un parcours indépendant de la prise de vue, c'est à dire un parcours qui n'était pas la recherche de « bons » ou « mauvais » sols, car je n'essaye pas de faire une différence entre eux. Une fois ce laps de temps écoulé, je prenais verticalement une photo de ce qui se trouvait à côté de mes pieds, en évitant au maximum de composer (ce qui n'est d'ailleurs pas tout à fait possible, la culture photographique et esthétique inconsciente empêchant toujours un opérateur humain). |